Patrimoine de mémoire
Le patrimoine de mémoire consiste à mettre en avant le patrimoine historique d'un lieu, en particulier quand le site en question a été marqué par un évènement ponctuel, marquant en ce qu'il peut être fondateur ou potentiellement douloureux. Ce peut être une bataille, un acte politique, un massacre ou une catastrophe.
Cliquez sur les titres verts pour plus d'informations
Cimetière civil de Neufchâteau
Le cimetière civil de Neufchâteau
Les souvenirs de la Grande Guerre hantent également le cimetière communal.
On peut notamment y voir une pierre tombale portant les noms de soldats français tués lors des 2 guerres. Des tombes d’aviateurs anglais tués en 40-45 y sont présentes.
Parmi les personnalités, vous pourrez trouver la tombe de Monseigneur Massaux, recteur de l’UCL ainsi que la stèle funéraire d’Edouard Bergh (décédé à Dixmude) dont la gravure fût réalisée sur base d’une photo prise dans les tranchées par son cousin.
La chapelle dite Saint-Roch
La chapelle est construite en 1831, pour y enterrer le révolutionnaire J.M. Musset d’Ussancy, à qui l‘évêque refuse l’enterrement en terre bénite aux motifs suivants : prêtre défroqué (et marié), député régicide (ayant donné la mort de Louis XVI).
Cette chapelle a été construite contre le mur, mais en dehors du cimetière. Elle est de forme rectangulaire et, bizarrement, terminée par un chevet triangulaire. Elle s’ouvre par une porte donnant sur la terre bénite et le seuil porte l’inscription R.I.P. (requiescat in pace). Cette modeste inscription établit symboliquement un lien direct entre l’idéal révolutionnaire et la pensée chrétienne.
L’épitaphe gravée dans du marbre blanc nous apprend que J-M Musset d'Ussancy était né à Léger (Loire Inférieure) le 11 septembre 1750 et est décédé à Neufchâteau le 10 avril 1831.
Son épouse, Marguerite Tellier, née à Versailles le 9 juillet 1770, est décédée l’année suivante à Paris le 12 septembre 1832. Dans son testament, elle a demandé d’être embaumée et puis enterrée aux côtés de son époux. Son vœu a été exaucé, et ainsi les deux époux restent unis après la mort.
En 1848, le cimetière est étendu à toute cette parcelle et, par voie de conséquence, la chapelle intègre ainsi entièrement le cimetière et donc la terre bénite.
Cette particularité urbanistique exceptionnelle illustre merveilleusement le conflit et la concurrence entre deux philosophies différentes, voire opposées : le christianisme et l‘idéal révolutionnaire.
Par la suite, elle prendra le nom de chapelle Saint-Roch, remplaçant l’ancien bâtiment datant du XVIe s. et détruit en 1832.
Cimetière de Longlier
Le cimetière de Longlier
En vous baladant dans les allées de ce cimetière, vous y découvrirez notamment les sépultures de 2 personnalités belges :
-Jules Lejeune (1828-1911) : ministre de la justice de 1887 à 1894. Il est réputé pour ses nombreuses réformes des prisons, de la liberté inconditionnelle, de la répression du vagabondage et de la mendicité.
-Albert Claude (1898-1983) : biochimiste, précurseur en biologie moléculaire. Directeur scientifique de l’Institut Jules Bordet en 1950. Il y créa le laboratoire de cytologie et de cancérologie expérimentale. Précurseur dans le domaine de la biologie moléculaire, il reçoit le Prix Nobel de médecine en 1974 pour la découverte d’ultra structures cellulaires.
-Jodie Devos (1988-2024): révélée au grand public en remportant le Deuxième Prix et le Prix Musiq3 du public au Concours Reine Élisabeth 2014. La soprano belge, a été malheureusement emportée par un cancer du sein foudroyant.
Cimetière franco-allemand de Malome
Cimetière franco-allemand de Malome
Le cimetière militaire de Malome à Neufchâteau est un lieu de mémoire poignant, dédié aux victimes des combats qui se sont déroulés lors de la Première Guerre mondiale. Ce cimetière franco-allemand, établi en arc de cercle autour d’une entrée monumentale, est situé au lieu-dit Malome et a été érigé en 1917 par les Allemands.
Il rend hommage aux soldats français et allemands tombés lors des affrontements à Longlier et Hamipré en août 1914.
Les sépultures sont disposées en demi-cercle de part et d’autre d’une impressionnante arcade d’entrée, fabriquée en schiste local.
Ce cimetière illustre non seulement le coût humain de la guerre mais aussi l’effort de réconciliation, rassemblant les victimes des deux nations en un seul lieu de recueillement.
Le cimetière de Malome reste un témoignage émouvant de l’histoire de Neufchâteau et de son rôle durant les périodes de conflit, invitant à la réflexion sur les horreurs de la guerre et l’importance de la paix.
Colline de la justice à Hamipré
Colline de la justice à Hamipré
La Colline de la Justice à Hamipré est un site historique et mémoriel, dont le nom remonte au Moyen Âge, époque où les jugements locaux y étaient rendus. Elle a également été le théâtre d’un assaut significatif le 20 août 1914, lorsqu’un bataillon français du 87e régiment d’infanterie a mené une offensive contre des troupes allemandes largement supérieures en nombre.
Bien que le cimetière militaire originel ait disparu, le site a été aménagé pour honorer la mémoire des combattants.
On y trouve plusieurs croix dédiées à des officiers français tombés au combat, ainsi que deux tables d’orientation en lave émaillée, réalisées par le colonel Chappey, seul officier français survivant de cette bataille.
La Colline de la Justice reste un lieu de recueillement et de souvenir, marquant à la fois l’histoire judiciaire et militaire de Neufchâteau.
Espace Folon et fontaine aux poissons
L'espace Folon et fontaine aux poissons
Folon se rend dans la ville de Neufchâteau en 1988, à la demande du comité Unicef local qui va y organiser une grande fête intitulée « Les 1.000 jardins du désert ». Folon est un tendre défenseur des causes altruistes : il revendique les droits de l’homme, les minorités, l’environnement.
Le projet des « 1.000 jardins du désert » est destiné à récolter des fonds pour implanter des oasis dans le désert du Tchad.
En souvenir de cette belle organisation, reste une statue-fontaine acquise par la ville et qui s’intitule « La fontaine aux poissons ». Les sculptures de Folon dialoguent souvent avec l’eau. Il crée des fontaines qui donnent à boire aux oiseaux, des parapluies d’eau qui protègent de la pluie.
La « fontaine aux poissons » joliment implantée dans un jardin de la Vallée du lac, renvoie à l’enfance, aux journées de pêche de l’artiste avec son frère Christian.
Fortins
Les Fortins
Important carrefour routier, Neufchâteau avait été, à la veille de la 2e guerre mondiale, ceinturé par 28 fortins construits pour l’armée belge. 274 fortins semblables sont construits et disséminés le long de la frontière Est, avec une concentration aux carrefours.
Contexte historique
* Octobre 1931 : Les grandes lignes d’un programme de défense du territoire belge sont lancées. La modernisation des anciens forts est programmée et la construction de nouveaux forts est prévue dans la province de Liège.
* Mars 1932 : Le ministre libéral de la défense, Albert Devèze, envisage la création d’un véritable mur de défense le long de la frontière Est.
* Début 1933 : Sur proposition du ministre Devèze, le 10e Régiment de Ligne est transformé en Régiment des Chasseurs Ardennais. Originaires de la région, ceux-ci seront casernés à Arlon, Bastogne et Vielsalm. C’est à ce moment que les fortins commencent à être construits. L’opération sera terminée en trois ans malgré la forte opposition à ce projet. Certains privilégient l’axe Liège-Namur comme première ligne de défense.
* Janvier 1939 : Le plan de défense belge est totalement modifié en raison du manque de moyens stratégiques. Les actions retardatrices, comme la destruction des ponts, la pose de barrages antichars et les abattis d’arbres, seront suivis de replis successifs. Les nombreux fortins ne serviront à rien.
Description
Les fortins sont des blocs carrés construits en béton armé de grosses barres et de treillis en fer. Ils mesurent 3,20 mètres de côté et sont, en partie, plus ou moins enterrés. Actuellement le plus haut dépasse le sol de 1,90 mètre.
Le mur arrière (côté entrée) est épais de 40 cm, les murs latéraux de 50 cm et le mur avant (côté tir) dépasse un peu 60 cm. Le plafond est épais de 50 cm. L’intérieur est donc réduit à 2,20 m de côté et la hauteur à 1,8 m.
Les fortins étant plus ou moins enterrés, l’entrée est accessible par un escalier qui peut compter jusqu’à 7 marches. Un avaloir est chargé d’évacuer l’eau du fond de l’escalier.
Pour les camoufler, les fortins sont enmottés, recouverts de terre ou entourés de haies. Certains sont déguisés en bâtiments agricoles, des murs en schistes recouvrent les murs extérieurs. D’autres sont carrément accolés à un bâtiment.
Utilité
Ce sont des bâtiments qui servent à la protection des soldats lorsqu’ils tirent. Ils ne servent pas pour l’observation. Ils sont équipés probablement d’une mitrailleuse lourde dont l’arrière coulisse sur une glissière en acier. L’angle de tir peut atteindre environ 50°. En cas de tir, le bruit doit être infernal et les gaz émanant du tir suffocant. Le système d’aération semble très succinct.
En cas d’attaque rapprochée, deux conduits permettent aux soldats de lancer des grenades qui atterrissent à l’extérieur, au pied des murs latéraux.
Les fortins sont cependant de véritables pièges pour ses occupants. La vue vers l’extérieur est très limitée. Le bâtiment peut être facilement contourné et la porte d’entrée bloquée de l’extérieur. En outre, comme la plupart des fortins sont construits au bord de routes et de chemins parfois même à une centaine de mètres de ceux-ci, le repli éventuel des hommes doit se faire à découvert.
En janvier 1939, le plan de défense de nos régions est totalement bouleversé. Les nouveaux petits fortins ne serviront à rien. Cependant, des fortins plus grands seront encore construits en automne 1939 : 8 autour du carrefour de Recogne et 4 à Libramont.
Le fortin allemand
Près de la résidence du Pré Fleuri, un fortin de construction allemande date de 1944.
De forme hexagonale, ses côtés mesurent 2,15 m de largeur et sa hauteur atteint 2,50 m.
D’une même surface intérieure que ses homologues belges (4,84 m2), il présente une plus grande habitabilité en raison de sa hauteur importante.
Ce fortin est un poste de surveillance. Il domine de plusieurs mètres la route de Bertrix et l’ancienne rue du Marché (remblayée en 1995).
Il permet également de surveiller le carrefour avec la route de Florenville et protéger la Kommandantur proche.
Il a récemment été restauré.
Mausolée allemand
Le mausolée allemand
Le mausolée allemand de Neufchâteau est un monument historique de grande qualité esthétique, construit en pierres de schiste locales et initialement entouré de 12 tilleuls.
Érigé suite aux violents combats d’août 1914 entre les armées allemande et française à Longlier et Neufchâteau, il servait de sépulture pour les soldats des deux camps, d’abord inhumés dans des fosses communes.
Ce mausolée, restauré en 2024, est un symbole poignant du sacrifice des soldats et de la réconciliation franco-allemande.
Il témoigne de l’histoire militaire de la région et reste un lieu de mémoire important pour les communautés locales et les visiteurs.
Chapelle de Molinfaing
La chapelle de Molinfaing
La chapelle de Molinfaing a été érigée en 1925, en souvenir des événements tragiques vécus par les habitants du village durant la Première Guerre mondiale.
Le 5 août 1914, plusieurs habitants de Massul et de Molinfaing avaient déjà été emmenés par les soldats allemands. Quelques jours plus tard, dans la matinée du 20 août, le village de Molinfaing fut envahi par des soldats allemands qui réquisitionnèrent des provisions.
À la suite des violents combats qui eurent lieu durant cette journée, les soldats allemands, craignant la présence de francs-tireurs, rassemblèrent les hommes, les femmes et les enfants du village autour d’un foyer dont les flammes leur brûlaient le visage. Pris de peur face à cette situation, les habitants firent alors le vœu de construire une chapelle à l’endroit où ils avaient été retenus, en souvenir de cette courte mais éprouvante détention.
La chapelle fut finalement construite en 1925, onze ans après les événements.
Source : « Un hiver de quatre ans ».